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Comment choisir un bon poids de stabilisation

Il est difficile d’entrer en stabilisation, surtout si l’on a en tête de tout faire pour ne plus jamais reprendre ce poids si difficilement perdu, sans avoir un objectif pondéral précis, sans avoir défini pour l’avenir un poids à la fois gratifiant et conservable. Je me dois donc de vous donner ici mon avis car j’ai trop souvent assisté à des échecs dont la cause principale était un choix irréaliste de ce poids de stabilisation. Il existe un grand nombre de formules abstraites qui tentent de définir le poids idéal en fonction de la taille, de l’âge, du sexe et de l’ossature. Toutes ces formules sont théoriquement applicables, mais je m’en méfie beaucoup, car elles intéressent des individus statistiques qui n’existent pas dans la réalité. Elles ne tiennent pas non plus compte de ce qui fait la marginalité de l’obèse, c’est-à-dire sa prédisposition à prendre du poids. J’aurais donc tendance à substituer à ce poids théorique la notion plus valable de poids stabilisable car pour une personne donnée, tous les poids ne sont pas stabilisables. Et ce n’est pas du tout la même chose. Le meilleur moyen de calculer un bon poids de stabilisation, c’est de demander au gros lui même de définir le poids qui lui est le plus facile à atteindre et à partir duquel il se sent « bien dans sa peau ».
Ceci pour deux raisons. Tout d’abord, chaque obèse aura remarqué qu’il existe des niveaux de poids où il maigrit facilement, d’autres où cela devient plus difficile, et enfin des zones extrêmes où, quel que soit le régime entre-
pris, son poids est mystérieusement bloqué. Dans son expérience apparaît la notion de «plateau» qu’il est difficile de franchir. Tenter de stabiliser son poids dans cette dernière zone est voué à l’échec, car l’effort nécessaire pour l’atteindre est disproportionné par rapport au résultat obtenu. Dans l’hypothèse où un tel poids aurait cependant été atteint, vouloir le conserver demanderait trop d’efforts, intenables sur une longue durée.

De plus, pour des cas de surcharge chronique, j’accorde beaucoup plus d’importance à la notion de bien-être qu’à la valeur symbolique d’un chiffre abstrait et prétendu normal. Le prédisposé à la surcharge n’est pas un être normal. Ceci n’a rien de péjoratif, mais cela sous-entend qu’il ne faut pas lui conseiller un poids de stabilisation inadapté à
sa nature. Ce qu’il lui faut, c’est pouvoir vivre normalement, en acceptant un poids où il se sente à l’aise. Et c’est déjà une prouesse s’il peut le conserver.

Enfin, il faut que le gros garde en mémoire les poids maximum et minimum atteints au cours de ses grandes variations pondérales. Car le poids maximum atteint, quel que soit le temps où il a été porté est inscrit à jamais dans son organisme. Prenons un exemple concret : Imaginez une femme de 1,60 m qui a, un seul jour dans sa vie, pesé 100 kg. Il est à tout jamais impossible à une telle femme d’espérer se stabiliser à 52 kg comme certaines tables théoriques pourraient le lui suggérer. La mémoire biologique de son organisme gardera un souvenir de son poids
maximum qui ne s’effacera jamais. Lui proposer d’atteindre et de conserver 70 kg semble sur le papier, beaucoup plus judicieux, à la condition expresse qu’elle se sente déjà à l’aise à ce poids. Enfin, il est un autre cliché erroné dont il convient de se débarrasser. La majorité des gros et des moins gros s’imaginent qu’ils se stabiliseront mieux à un
certain poids s’ils maigrissent un peu plus afin d’avoir un ou deux kilos de marge de sécurité leur donnant le temps de réagir. Vouloir par exemple atteindre 60 kg pour se stabiliser à 70 est plus qu’une erreur, c’est une faute, car l’effort de volonté ainsi gaspillé manquera cruellement au moment d’entreprendre la stabilisation. Et surtout, plus on tente d’abaisser le poids d’un organisme, plus il sera réactif et aura tendance à rebondir vers le haut.

En conclusion, il faut choisir un poids a la tois « atteignable ET stabilisable », suffisamment élevé pour être accessible sans se perdre en chemin, et assez bas pour pouvoir fournir de la gratification et suffisamment de bien-être pour être enclin à le conserver. Ce poids, je l’ai appelé le Juste Poids. Il diffère de I’ IMC, Indice de Masse Corporelle qui est intéressant pour repérer des populations à risque et qui donc n’a pas d’intérêt pour déterminer un poids personnel et fixer un objectif stratégique.

Comment déterminer le Juste Poids ?

Ce poids est par définition personnel, il doit, pour être pertinent et opérationnel, prendre en compte le sexe et l’âge afin de pouvoir différencier le morphotype de la femme de celui de l’homme et surtout le différenciel d’exigence de minceur entre la première et le second. De même pour l’âge, on sait que chaque décade doit élever le poids d’équilibre de 800 g chez la femme et de 1,200 kg chez l’homme. De plus, comment ne pas faire la différence entre les besoins et surtout les possibilités d’atteindre un poids à 20 ou à 50 ans. Mais dans cette recherche du juste Poids, il faut aussi prendre en compte l’hérédité. Là encore, il n’est pas pertinent de demander à une femme issue d’une famille d’obèses d’ambitionner le même poids d’équilibre qu’une femme issue d’une famille de maigres constitutionnels. Mais
plus encore, il est absolument indispensable de prendre en compte l’historique du surpoids d’un individu, le moment crucial du début de son dérèglement, l’enfance, l’adolescence, la première pilule contraceptive, les grossesses, la préménopause, un stress majeur, un traitement médicamenteux, une dépression ? Chaque cas diffère des autres et doit s’intégrer dans la résultante proposée. Il convient tout autant de prendre en compte ce que j’ai appelé « l’envergure pondérale », l’écart entre le poids minimum jamais pesé après 20 ans et le poids maximum pesé en dehors des grossesses. Cette envergure témoigne de ce qui est inscrit dans la mémoire biologique du corps et qui
n’en sort plus. Et tout autant du nombre de régimes infructueux déjà suivis et lesquels car il y a des régimes dont le corps ne se remettra jamais tout à fait, des régimes contre nature qui ont déclenché des « angoisses corporelles ». Le plus connu d’entre eux étant celui des substituts en sachets ou en poudres qui sont à l’opposé de la nature alimentaire humaine. L’homme n’est pas programmé pour se nourrir de poudres. Il peut le faire pour un temps très court mais, surtout s’il maigrit en se nourrissant de ces poudres, il peut développer une réaction de type aversif qui le rendra malheureusement résistant à d’autres méthodes naturelles. Le jeun qui consiste à ne rien avaler d’autre que de l’eau est une catastrophe pour la masse musculaire dans laquelle le corps va trouver les protéines indispensables à sa survie. Mais le jeun est infiniment plus naturel que l’alimentation en poudre : en effet, il est fréquent qu’un prédateur soit en mal de proies et ait à jeûner pendant quelques jours. Vous voyez, il existe de nombreux paramètres intervenant dans le calcul du Juste Poids dont la connaissance est indispensable pour établir une
feuille de route. Trop pour pouvoir le calculer avec seulement un crayon et du papier.

Certains Mots Cls


kinésiologie pour maigrir.

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