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L'activité physique intervient dans la gestion du plaisir et du déplaisir.
L’activité physique intervient dans la gestion du plaisir et du déplaisir.

Lectrice, lecteur, je vais vous demander de me suivre dans un territoire surprenant, dans les entrailles de la vie, là où se mettent en place les décisions premières, là où s’enracinent vos raisons de vivre et de ne pas mourir. Loin apparemment du prosaïque problème du surpoids, en fait, comme vous le verrez, en son cœur palpitant. Allez, suivezmoi, vous ne le regretterez pas.Si vous êtes en surpoids, vous savez probablement que vous n’avez pas grossi d’avoir mangé par faim. Rares sont de nos jours et sous nos cieux ceux qui ont réellement faim. On ne grossit aujourd’hui que de se nourrir au-delà de ses besoins biologiques, au-delà justement de sa faim. La femme qui se nourrit trop tout en maudissant le surpoids qui s’ensuivra n’est pas en recherche de nutritif. Elle mange poussée par un besoin qui surpasse sa peur de grossir. « C’est plus fort que moi », me dit-elle. Que cherche-t-elle alors ? Ce
qu’elle tente maladroitement, et bien souvent sans le savoir, c’est de fabriquer du plaisir avec ce qu’elle sous la main pour compenser celui qu’elle ne parvient pas à trouver en quantité suffisante dans son quotidien. Ou pour neutraliser une souffrance ou un excès de stress qui barre son horizon. C’est presque toujours ainsi que l’on grossit.
La difficulté tient au fait que, pour maigrir, il faut suivre le chemin inverse. Non seulement cesser de compenser dans l’aliment des manques issus d’un autre registre mais se priver, perdre sa spontanéité alimentaire, en somme produire du déplaisir, produire de la frustration, l’inverse exact de ce que l’on cherchait en mangeant trop.

Comment, dès Tors, peut-il être possible de maigrir, et surtout de maigrir durablement, en allant à rencontre de ce que l’on cherche confusément, trouver en mangeant ce plaisir qui est le moteur de la vie et qui est tellement vital et essentiel que l’on en sacrifie sa ligne, sa silhouette, sa beauté, sa séduction, parfois sa santé ! Comment une femme
qui, jour après jour, a cherché du plaisir en mangeant pourrait-elle tourner le dos à cette recherche en suivant un régime amaigrissant ? C’est cette contradiction qui explique pourquoi maigrir soit si difficile et regrossir si facile.
Et pourtant, c’est possible, un chemin existe, qui n’est pas ou qui est mal utilisé. Ce chemin dont je vous parle est un chemin de crête étroit entre deux gouffres : d’un côté, ne rien faire et en souffrir, de l’autre, faire mal et échouer ! Le chemin de crête, celui qui permet de maigrir et de ne pas regrossir, c’est celui que j’appelle « Guérir du surpoids ».
Pour le comprendre et le découvrir, ouvrons ensemble le capot du « moteur de vie ». Aux alentours de la cinquième semaine de grossesse, dans le ventre de la future mère, dans le frêle embryon qu’est devenu l’œuf fécondé, apparaît un centre cérébral qui émet la première pulsation de vie autonome et qui ne cessera d’émettre qu’au moment de la mort. C’est quoi, la pulsation de vie ? C’est une programmation et une énergie inscrites en chaque être vivant, une évidence qui s’impose à lui sans qu’il ait besoin de le vouloir ou même de le savoir. Appelons ce centre qui recèle et puise la vie le pulsar de vie. Quand il émet, nous avons une puissante envie d’adhérer à la vie, d’entreprendre toutes les actions et tous les comportements qui protègent et encouragent la vie. Boire, manger, dormir, se reproduire, jouer, chasser, faire fonctionner son corps, se mettre en sécurité, appartenir à son groupe, agir pour y rester, y trouver sa meilleure place en fonction de ses aptitudes.

Chaque espèce vivante possède un mode d’emploi particulier qui assure sa survie. Vous et moi, les humains, avons le nôtre, il a été retenu par l’évolution et inscrit dans nos gènes pour son efficacité à nous aider à survivre en milieu humain. Si nous suivons spontanément et naturellement ces tuteurs de comportements, nous améliorons nos chances de survie et nous en sommes récompensés par cette sensation agréable et épanouissante que l’on appelle le Plaisir. C’est ce qui explique pourquoi boire quand le corps est déshydraté ou manger quand les cellules de l’organisme sont à bout de carburant produit du plaisir. Tout ce qui facilite la survie génère du plaisir et tout ce qui la contrarie récolte du déplaisir. Tout ce que nous faisons, nous le faisons pour conquérir du plaisir ou éviter du
déplaisir.
Mais ce n’est pas tout, il y a infiniment plus surprenant, je dirais même capital, et je vous invite à me suivre car cette information vous servira à mieux gérer votre vie. Derrière la sensation agréable du plaisir, navigue en partenaire invisible une autre nourriture autrement vitale. Celleci remonte avec lui dans les chemins neurologiques du cerveau, le plaisir devenant sensation agréable, l’autre voyageur continue jusqu’à l’émetteur de vie. Ce passager clandestin
détient un rôle fondamental, il a pour mission d’atteindre le pulsar de vie pour le recharger en énergie, pour renforcer et entretenir son émission de vie.

Pour résumer, le pulsar de vie puise l’envie et le besoin de vivre. La vie produite se traduit en actions et en comportements qui cherchent et récoltent du plaisir. Et accompagnant la sensation de plaisir, une nourriture particulière revient vers le pulsar pour qu’il continue de puiser. Il s’agit en fait d’une boucle de rétroaction ou de feed-back comme on en voit tant dans les manifestations du vivant mais celle-ci est située au plus haut dans la
hiérarchie de la gestion de la vie. Cette nourriture neurologique, souvent confondue avec le plaisir qui la recouvre de sa bruyante agréabilité, est d’une importance considérable. Etrangement, cette substance vitale n’a, à ma connaissance, pas de nom. Je l’ai baptisée « satisfaisance » pour intégrer sous une même appellation la double notion de satisfaction et de bienfaisance. Vous devez vous demander pourquoi un si long détour pour légitimer l’activité physique dans la lutte contre le surpoids. D’abord pour vous faire comprendre que l’acte de se nourrir, comportement d’apparence banale et des plus faciles à satisfaire, reste, avec boire et respirer, le plus nécessaire à la vvie et, de ce fait, l’un des fournisseurs les plus efficaces de « satisfaisance ». Vous comprendrez facilement que, face à l’adversité d’un quotidien difficile, insuffisamment épanouissant, harcelant, rapide et stressant, tant de femmes et d’hommes ne parviennent pas à récolter suffisamment de cette précieuse satisfaisance sans laquelle le pulsar de vie se ralentit et la qualité du vécu s’appauvrit. Quand on en est là, les sirènes stridentes de la survie se mettent à retentir, à faire mal pour forcer la récolte. Et puis, quand cette récolte continue de ne plus être assurée, le pulsar
cesse à son tour d’émettre, l’envie de vivre s’étiole puis cesse et c’est l’entrée dans ce qui est aujourd’hui devenu si fréquent sous nos cieux, l’état dépressif, la rupture d’une évidence d’un fait premier de la conscience, la perte de l’adhésion à la vie.

Et dans cette recherche souvent inconsciente, parfois urgente, le moyen le plus simple, facile et à portée immédiate de main est tout simplement de manger. Manger, mettre en bouche, ingérer, incorporer pour s’en nourrir et s’en servir pour produire un contentement, quelque chose de rassurant et d’agréable que jusqu’à présent nous confondions avec le plaisir. L’imagerie cérébrale permet de visualiser le retentissement cérébral de n’importe quel comportement humain. Or, de tous ces actes, comportements ou états mentaux, le plus chargé en émotions, celui qui déclenche le plus intense feu d’artifice intracérébral est le fait de manger des aliments agréables. L’acte de
manger est sur le plan du retentissement neurologique et de la production de plaisir presque aussi intense qu’un orgasme mais il a sur lui l’avantage de durer tellement plus longtemps. C’est ce que explique qu’il soit si facile de grossir dans un environnement frustrant et si difficile de maigrir en réduisant le recours à l’aliment, premier founisseur de satisfaisance et de gratification au service de la vie. Voulez-vous une anecdote saisissante ? Il s’agit
d’une expérience faite et refaite dans tous les laboratoires de physiologie animale. Dans une cage classique, logez un rat calibré qui vit sa vie et est nourri grâce à une mangeoire toujours pleine. Le rat mange à sa faim et cesse à satiété. Posez-lui une pince non douloureuse au bout de sa queue qu’il porte désormais comme une traîne embarrassante, écoutez bien, en six semaines, le voilà obèse. Il compense, il se protège de ce déplaisir en lui opposant du plai-
sir, il crée du positif pour neutraliser du négatif. Revenons à l’activité physique et à son rôle dans la gestion du plaisir et de la satisfaisance. Si j’ai emprunté ce détour et cette longue argumentation, c’est parce que l’activité physique est aujourd’hui totalement dépréciée. Elle est devenue, pour une majorité d’entre nous, une charge, une tâche, un
labeur à éviter. Son simple nom le dit : l’effort physique. Or pour quiconque s’attelle à maigrir, c’est exactement l’inverse, l’activité physique peut et doit devenir le premier et le plus puissant des alliés et donc des amis.

Si celles et ceux qui grossissent mangent trop sans ignorer que cela les fera grossir, c’est pour fabriquer de la satisfaisance sans laquelle leur moteur de vie peut s’enrayer. Comme il s’agit habituellement de femmes et d’hommes ayant une facilité particulière à compenser dans l’aliment, ils ont plus que tous les autres intérêt à trouver dans l’ac-
tivité physique l’élément de taille capable de moduler leur relation au plaisir et au déplaisir. Ce que je vous demande, lectrice, lecteur, c’est de faire l’effort et le travail mental pour modifier le regard que vous portez sur l’activité physique. Cette activité de votre corps, si simple, naturelle et évidente qu’elle Prisse paraître, est l’élément qui doit, à lui seul, bouleverser l’angle d’attaque de la lutte contre le surpoids. Surtout, de grâce, faites-moi confiance, je vous promets, vous ne le regretterez pas. Voyons comment l’activité physique peut vous aider « fondamentalement » à maigrir d’abord, puis à conserver durablement votre Juste Poids pour enfin « guérir du surpoids ».

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