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Les limites d'un régime isolé
Les limites d’un régime isolé

D’abord, je ne connais personne qui, ayant suivi ce régime tel qu’il est prescrit, n’ait pas maigri. Il peut y avoir des différences de performances en fonction du sexe, de l’âge, de l’ancienneté du surpoids, de l’hérédité ou du nombre de régimes déjà suivis. Mais qui l’a fait, a maigri. À sa vitesse, mais a maigri. Je sais aussi qu’une proportion que je ne peux pas chiffrer mais significative de ces lecteurs et utilisateurs de ma méthode ont consolidé et stabilisé leur poids sur le long terme, c’est-à-dire au-delà de trois ans. Je tiens cela pour assuré des témoignages réguliers de lecteurs qui me l’expriment à travers des messages de reconnaissance et de sympathie affectueuse qui me touchent infiniment.

Néanmoins je reçois aussi des lettres et des mails de personnes qui, après avoir maigri, suivi leur phase de consolidation et être entrées dans leur phase de stabilisation définitive, ont tenu un certain temps puis ont perdu pied et repris une partie du poids perdu. Pourquoi ? Pourquoi, parvenues à la stabilisation ultime, le cœur palpitant et stratégique de ma méthode, ont-elles trébuché ? Ces causes d’échec, je les connais pour les rencontrer aussi
dans mes consultations, partout où l’adversité survient. Je les ai analysées et inventoriées, les voici :

• Certains n’ont pas eu la motivation ni le déclic ou même seulement l’envie de commencer la lecture de ce livre et de passer à l’acte. Le livre est sur une étagère et attend ce fameux déclic.

• D’autres l’ont lu et ont entamé le plan mais se sont arrêtés en chemin, manquant de la motivation et de l’énergie suffisantes pour atteindre leur Juste Poids.

• D’autres, à certains âges ou carrefours sensibles de la vie, préménopause, ménopause, ont dû affronter des résistances physiologiques, hormonales, thyroïdiennes ou ovariennes, la traversée d’une dépression avec prise de médicaments à impact sur le poids. Toutes ces mauvaises rencontres exposent à des paliers de stagnation plus
ou moins longs qui, sans accompagnement, minent la résistance, poussent à la faute et conduisent à l’abandon.

• Il en va de même pour celles et ceux qui ont suivi trop de régimes infructueux ou non stabilisés, des régimes inefficaces ou mal suivis, trop restrictifs ou trop fatigants et carences, des régimes décapités, ceux-là mêmes qui conduisent aux reprisesen série et à l’ascension du poids en yo-yo, les mauvais régimes. Et on trouve ici aussi ceux que l’hérédité et la génétique rendent doués pour le profit alimentaire. Pour tous ceux-là, la lutte est plus
difficile et les résistances plus fortes.

• Enfin, et ce sont les plus nombreux, ceux qui, en chemin d’amaigrissement, quelle que soit la phase traversée, rencontrent « les mauvais coups et les difficultés de la vie ». Une déception sentimentale, un deuil, un divorce, un surmenage, un harcèlement professionnel ou tant d’autres événements douloureux. Rares sont celles et ceux qui résistent à la tourmente, d’autant qu’il s’agit de personnes pouvant, de surcroît, souffrir d’une vulnérabilité au
surpoids, une « ligne de fuite » vers l’aliment, une défense naturelle contre le stress, le déplaisir et l’insécurité acquise très tôt dans la petite enfance. C’est pour ces cas difficiles, ces profils à risque et ces mauvaises rencontres pouvant fragiliser ma méthode que j’en suis arrivé à ne plus me contenter du seul régime et à ouvrir un deuxième front pour prendre en tenaille mon vieil ennemi le surpoids qui s’esquive dès qu’on lui en laisse la possibilité, en se renforçant.

Dans les chapitres précédents, je vous ai présenté le régime tel que je l’ai façonné année après année, d’abord pour mes seuls patients, puis pour mes lecteurs en pensant que ce serait la version achevée. Je n’avais jamais imaginé qu’il rencontrerait autant de lecteurs et que ceux-ci deviendraient des amis et d’ardents supporters de ma méthode. Ces lecteurs, par la remontée de leurs questions, suggestions, remarques et besoins, m’ont conduit à faire évoluer l’ensemble de la méthode sur un très grand nombre de points dont certains sont essentiels. Mon chat quotidien sur Internet est devenu le point de rencontre le plus décisif où j’ai la possibilité de sonder en temps réel le ressenti de
celles et ceux qui s’étant approprié la méthode, la vivent au quotidien et me permettent d’y apporter les améliorations régulières. Avant d’entrer dans le cœur de ce chapitre , j’aimerais commencer par dresser un bilan de ce qui, jusqu’à cette année, constituait le cœur de ma méthode, son versant alimentaire, le régime. Avec un
recul de dix ans, voilà comment il a traversé le temps, comment il s’est constitué en méthode et comment
il est actuellement perçu par ses utilisateurs.

Son succès est fondé sur une conjugaison de dix atouts, plus un :

1. L’efficacité des protéines.
2. La vitesse de démarrage de la phase d’attaque.
3. La liberté totale sur les quantités qui permet d’éviter la frustration cuisante de la faim.
4. La simplicité de la consigne, 100 aliments, 78 d’origine animale, 28 d’origine végétale.
5. Un cadre interne fort et directif, sa structure et la signalisation des 4 phases, de la plus sévère à la plus souple, chacune d’elles ayant sa fonction propre, son alternance, ses repères, ses jalons.
6. Sa forme didactique qui apprend à maigrir en maigrissant. C’est l’ordre d’introduction des aliments qui inscrit dans la mémoire du corps leur niveau d’importance. Tout commence par le Vital (les protéines), puis l’Essentiel (les légumes), le Nécessaire (les fruits), l’Important (lepain complet), l’Utile (les féculents), la Récompense (fromage) et le Plaisir (repas de gala).
7. La stabilisation et l’importance absolue accordée à cette phase toujours négligée ou occultée et dont l’absence est peut-être à l’origine de l’échec de la lutte contre le surpoids. Deux phases sur quatre (Consolidation et Stabilisation définitive), la dernière occupant le reste de la vie, l’objectif n’étant pas seulement de maigrir mais de « guérir du surpoids ».
8. L’approche à visage humain grâce à la gestion du plaisir et du déplaisir, l’empathie et le soutien actif du mental et de la motivation.

À cette méthode, il manquait trois éléments pour en faire une véritable machine de guerre à lancer « dans la gueule du surpoids » et pour tenter de prendre de vitesse son inquiétante progression.

1. L’approche personnalisée. C’est un ressort majeur de la prise en charge du surpoids. Pour lui qui maigrit, c’est l’assurance de ne pas être seul pour l’affronter. Personnaliser, c’est introduire un « chef de projet » qui a les moyens d’explorer la situation d’une personne face à « ses » aliments, ses points faibles et ses atouts. Et à la lumière de ce
recensement, de construire un plan d’action adapté à sa personnalité, par définition infiniment plus efficace. Mais surtout, c’est savoir comment l’aider à changer en corrigeant ses faiblesses et en exploitant ses forces pour éviter qu’après avoir maigri, elle retrouve la situation qui l’avait fait grossir.

2. Le suivi quotidien. C’est le moyen le plus simple et le plus efficace d’atténuer la pénibilité d’un régime et la frustration logique qu’il impose. Être suivi, recevoir des consignes précises et des directives de quelqu’un qui fait autorité et à qui l’on accorde sa confiance permet d’être mieux armé pour résister aux tentations et faire les bons choix. Être suivi, c’est savoir que l’on a à rendre compte de ses écarts de régime, de ses difficultés, de ses doutes, de ses défaillances. Être suivi, c’est ne pas être seul dans l’un des pièges les plus dangereux d’un régime, l’inévitable moment où le poids stagne sans cause apparente. Il s’agit d’un moment vécu comme une injustice, qui seme le doute et peut désespérer. C’est le rôle du directeur de projet d’en expliquer le côté normal et quasi inévitable, de rassurer et de fournir des moyens pour « casser ce palier de stagnation ». En somme, pour celle ou celui qui suit son régime, c’est sentir à ses côtés une présence empathique prête à réconforter, à dédramatiser mais aussi qui sait dire NON fermement, et, par-delà tout, qui aide à reprendre haleine quand on est proche de la démotivation comme à perpétuer le succès quand on le tient. Cela a été réalisé dans le coaching sur le net.

3. ENFIN, ET C’EST L’OBJET DE CE CHAPITRE, Un point ultime, peut-être plus essentiel que tous les autres, l’activité physique. l’activité physique, le deuxième général de l’armée du surpoids, l’égal du régime dans la lutte contre le surpoids.

Je dois reconnaître que si, comme tout un chacun, j’ai toujours su que l’activité physique était hautement incluse dans la démarche vertueuse de la vie saine et le contrôle du poids, j’appartiens à une génération pour qui bouger était si naturel, si évident que je ne me suis jamais senti l’ardente obligation de le démontrer. Lorsque j’étais enfant, le sida n’existait pas, le cancer était une manière mystérieuse de s’en aller. Le spectre de l’époque était la paralysie. Toutes les mères vivaient dans l’angoisse de la poliomyélite et du « fauteuil roulant ». Ma mère m’a suffisamment aimé pour m’avoir communiqué cette inquiétude et cette priorité du corps en mouvement. Et marcher, courir, nager, danser, sauter de joie, chanter à pleins poumons sont inscrits dans ma mémoire affective comme les ingrédients naturels de la vie. Lorsque j’étais étudiant, j’ai effectué mon premier remplacement de médecin dans le vieux Montparnasse, un quartier vivant et bigarré où mes visites à domicile se pratiquaient dans une majorité d’immeubles sans ascenseur dont je grimpais les escaliers allègrement. Bouger a toujours fait partie et de ma nature et de ma culture. J’avoue que, de ce fait, j’ai tardé à comprendre combien l’inactivité et la frilosité à l’effort pouvaient être une redoutable entrave à la conquête d’une perte de poids rapide, efficace, durable et à frustration réduite. Le déclic de cette prise de conscience est anecdotique. Je me trouvais dans la file d’attente d’une agence de voyages espagnole où trois employés de comptoir répondaient aux demandes de clients. Tous trois étaient assis sur de confortables fauteuils
à roulettes qui leur permettaient de se déplacer sans se lever. Deux d’entre eux semblaient s’amuser à se propulser vers des fichiers ou des placards parfois éloignés de plusieurs mètres, à la manière de paraplégiques sur leur fauteuil roulant. Le troisième se levait systématiquement. Coïncidence ou raison thermodynamique, ce troisième était le seul qui avait une silhouette svelte, les deux autres, malgré leur jeune âge, étaient gras et déjà bedonnants. Depuis ce jour, très précisément, cette scène banale de la vie actuelle a modifié mon approche de la lutte contre le surpoids. J’ai réalisé brusquement combien il était devenu crucial de faire entrer l’activité dans mon programme. Mais non pas sous la forme d’un simple conseil de bon sens, comme cela est évoqué par tous les intervenants, mais en force et en structurant sa prescription avec autant de détermination que celle du régime. Je me disais que si moi, un praticien aguerri ayant consacré ma vie professionnelle à lutter contre le surpoids, n’avais pas pris toute la mesure de l’oubli actuel du corps, j’imaginais à quel point mon lecteur pouvait lui aussi l’avoir sous-estimé.

Car, s’il est vrai que, en théorie, chacun de nous ne peut ignorer que bouger fait brûler des calories, cette connaissance est purement intellectuelle mais n’atteint pas le noyau dur de la conviction instinctive. En fait, chacun sait mais personne n’y croit ou, tout au moins, personne n’y croit suffisamment pour le placer au même niveau d’importance que la restriction alimentaire. Se mettre au régime, se priver, jeûner même, vomir à l’extrême, soit ! Mais marcher, nager, danser, non ! Je me suis donc mis, non plus à simplement conseiller, comme je l’avais toujours fait, l’activité physique mais à la prescrire, comme un médicament, sur ordonnance !

Mais, en pratique, ce qui a l’air si simple se heurte justement à cet excès de simplicité, c’est un peu comme si l’on prescrivait de respirer ! Voyons plutôt : Tout d’abord, lorsque je pose la simple question suivante :
« Pratiquez-vous une activité physique ? Je n’obtiens que des réponses vagues ou évasives :
« Je marche un peu, comme tout le monde. » Ou :
« Avec des enfants, on est bien obligée de bouger. »
Mais lorsque je pousse plus avant le questionnement, se révèle une ligne de démarcation nette entre deux types d’activité physique, l’activité utilitaire, l’effort et le déplacement nécessaires pour la réalisation d’un objectif pratique du quotidien, et « la bouge pour la bouge » dictée par le discours culturel ambiant du rester beau, du rester ferme,
mince et en bonne santé, un discours culpabilisant qui pousse à s’inscrire dans une salle de sport tout en préférant l’ascenseur à l’escalier pour y accéder. Un paradoxe quand on sait que certains payent pour pratiquer le stepper qui n’est rien d’autre qu’un escalier gadgétisé !
La question de l’activité physique soulève un problème de société car notre modèle économique fondé sur le progrès et la technologie prône l’éradication de l’effort. Comment croire aux vertus de l’activité utilitaire du quotidien quand la moitié des brevets d’invention déposés dans le monde concerne des procédés et des objets destinés à réduire l’effort et à gagner du temps, les deux ingrédients conjugués du surpoids et du stress. De plus, marcher est un acte presque aussi basique que respirer, tellement inclus dans la nature et la condition de l’homme que l’on comprend difficilement sa valeur « thérapeutique » et encore moins amincissante. Enfin, les médecins ne portent pas leurs efforts sur cet axe car il n’est pas assez sophistiqué ou technique, et quand je parle de ces médecins, je m’y inclus. Pendant des années, je m’en suis tenu aux bons conseils, surtout à propos de la marche mais sans risquer le ridicule de sa prescription formelle sur feuille à en-tête ! Je pensais que l’on ne consultait pas un médecin bardé de diplômes et d’expérience et surtout, spécialiste de la nutrition, pour se voir prescrire de marcher ou de bouger sur ordonnance. J’avais tort, vraiment tort ! Parvenus ensemble à ce stade, je vais tenter de vous entraîner avec moi pour bien comprendre l’enjeu décisif qu’il y a à adopter ce nouveau concept de « bouge primordiale », l’APPSO, l’Activité Physique Prescrite Sur Ordonnance. J’aimerais pour cela poser deux questions simples et concrètes et y
répondre sans aucune ambiguïté :
• L’activité physique fait-elle maigrir ?
• L’activité physique est-elle indispensable pour stabiliser son poids après avoir maigri ?
La réponse est OUI, massivement et pour chacune des deux questions.
Entrons maintenant dans la démonstration.

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